Stonehenge

Situé en Angleterre, dans le comté du Wiltshire, près des villes d’Amesbury et de Salisbury, Stonehenge (littéralement, « les pierres suspendues ») est la plus grande structure mégalithique d’Europe. Composée d’un ensemble de structures circulaires concentriques dont l’édification eut lieu entre 2300 et 1900 ans avant J.-C., ce monument du néolithique a été l’objet de nombreuses hypothèses quant à sa fonction. S’agissait-il d’un temple dédié au soleil et à la lune ? D’un site d’observation astronomique ? D’un sanctuaire voué au culte des morts ?Les nombreuses fouilles effectuées sur le site, principalement au 20ème siècle, n’ont jamais permis de lever véritablement ce mystère. En 2008, un tandem de chercheurs constitué de Timothy Darvill, archéologue à l’université de Bournemouth, et Geoff Wainwright, président de la Société des Archéologues de Londres, a obtenu l’autorisation d’effectuer une nouvelle série de fouilles au cœur même du site, en vue d’obtenir une datation précise de celui-ci et d’échafauder de nouvelles hypothèses sur sa fonction. Ce documentaire suit le travail des deux hommes sur le point d’écrire un nouveau chapitre important de l’histoire de Stonehenge.

Un site millénaire

Stonehenge a été érigé à la même époque que les pyramides de Gizeh, en Égypte, ce qui en fait l’un des plus anciens monuments du monde. Si on ignore précisément le moment où les hommes se sont installés sur le site de Stonehenge, les archéologues s’accordent à dire qu’une ancienne structure en bois existait avant l’érection des premiers monolithes. La construction du monument mégalithique tel que nous le connaissons aujourd’hui s’est ensuite déroulée en quatre grandes étapes :

1-Il y a environ 4000 ans, un double cercle de petites pierres bleues est érigé au centre du site. Il subsistera environ 200 ans avant d’être démantelé pour des raisons inconnues des archéologues.

2-Ce cercle de pierres est alors remplacé par cinq groupes de trois monolithes de grès sarsen levés, disposés comme des portiques selon un plan en forme de fer à cheval. Les pierres bleues sont replacées au centre de cet édifice monumental.

3-Un nouveau cercle de pierres bleues est ajouté autour des trilithes disposés en fer à cheval.

4-Pour finir, un vaste cercle de grès sarsen constitué de trente monolithes érigés surmontés de linteaux est édifié autour de la structure, formant ainsi un anneau de pierre continu ceinturant Stonehenge.

Mystère tenaceMalgré cette modélisation fidèle qui a permis aux archéologues de retracer les grandes étapes de la construction de Stonehenge, un certain flou entoure la datation de certains anneaux, notamment ceux constitués en pierres bleues. Plus flou encore est le rôle de Stonehenge au sein de la société néolithique de l’époque. Pourquoi les hommes qui vivaient là ont-ils érigé un monument aussi imposant ? S’agissait-il pour eux de marquer le caractère sacré du site ? Stonehenge avait-il une autre fonction : observatoire astronomique, temple dédié au soleil, lieu dédié au culte des ancêtres ?
Seules de nouvelles fouilles peuvent permettre de lever ce mystère, c’est pourquoi en 2008 l’organisme English Heritage, qui administre Stonehenge, à décidé de donner son feu vert aux archéologues Timothy Darvill et Geoff Wainwright pour que ceux-ci entreprennent une série de sondages au cœur même du site. Cette décision est historique car il s’agit des premières fouilles entreprises depuis 1964. Bardés de tous les moyens de la technologie actuelle et assistés d’experts en anthropologie médico-légale et d’historiens spécialistes du néolithique, les deux hommes espèrent ainsi faire « parler » les pierres de Stonehenge et les squelettes exhumés lors des précédentes fouilles en vue d’aboutir à datation précise du site et d’échafauder une nouvelle hypothèse quant à sa fonction. Ce projet est particulièrement ambitieux, puisqu’il ne s’agit de rien moins que de dissiper un mystère qui dure depuis plusieurs siècles.

Jour J

Le 31 mars 2008, une agitation fébrile règne sur le site de Stonehenge. Devant un parterre de journalistes et de photographes venus du monde entier – fait rarissime pour des fouilles archéologiques – les responsables du projet s’apprêtent à donner les premiers coups de pelle dans la terre millénaire de Stonehenge.
Pour Darvill et Wainwright, la réponse aux énigmes posées par le monument réside, paradoxalement, dans sa partie la moins spectaculaire : l’ensemble de petites pierres bleues érigées en son centre. Convaincus qu’elles constituent le cœur historique et symbolique de Stonehenge, les archéologues souhaitent se concentrer sur elles. La première phase des fouilles va donc consister à délimiter un périmètre dans la partie occupée par les pierres bleues, puis à creuser le sol à leur base en espérant récolter des indices qui mettront les archéologues sur la voie de nouvelles hypothèses. L’énigme des pierres bleuesLes questions posées par ces étranges pierres dressées au centre du monument ne datent pas d’aujourd’hui. Déjà en 1923, après leur avoir fait subir une série d’analyses géologiques à l’occasion de fouilles effectuées à Stonehenge, les archéologues s’étaient émus de leur provenance pour le moins surprenante. La composition géologique des pierres bleues avait en effet mis en évidence que celles-ci étaient originaires des Preseli Hills, au Pays de Galles, à plus de 250 km de Stonehenge. Pourquoi les bâtisseurs du site s’étaient-ils donné tant de mal pour les acheminer jusqu’en Angleterre ?Convaincus que la réponse à cette question se trouve sur le lieu même d’extraction des pierres bleues, Darvill et Wainwright se rendent dans les Preseli Hills afin de découvrir ce qui les rendait si particulières aux yeux des hommes du néolithique. Dans ces collines sauvages et mystérieuses, les archéologues ne tardent pas à découvrir des traces d’extraction qui relient indubitablement les pierres bleues de Stonehenge à ce lieu. Certaines pierres taillées, en tous points semblables à celles qui se dressent au cœur de Stonehenge mais qui se sont brisées durant le transport, sont encore visibles, couchées parmi la végétation. Or, cette région du Pays de Galles est aussi connue depuis des temps immémoriaux pour l’existence de sources auxquelles on attribue des vertus curatives. Il n’en faut pas plus pour titiller l’intuition des archéologues : et si les hommes du néolithique avaient attribué aux pierres bleues les mêmes propriétés curatives qu’aux sources jaillissant dans les collines ? Ces pierres étant considérées comme magiques, cela expliquerait facilement le fait que les constructeurs de Stonehenge n’aient pas hésité à les transporter sur plus de 250 km, les acheminant par radeau le long de la côte Galloise avant de leur faire remonter différents fleuves et rivières jusqu’à Stonehenge : un véritable exploit technologique dans le contexte du néolithique !

Darvill et Wainwright repartent du Pays de Galles avec la certitude qu’ils détiennent une nouvelle clé du mystère de Stonehenge. Si les pierres bleues ont été érigées au centre du monument, c’est parce qu’elles en étaient la partie la plus importante. Stonehenge aurait-il dès lors été conçu comme un lieu de guérison par les hommes du néolithique ?

L’Archer d’Amesbury

Forts de ce nouvel axe de travail, les archéologues vont désormais s’efforcer d’explorer d’autres pistes en espérant qu’elles viendront corroborer leur théorie. L’une de ces pistes mène à des ossements découverts lors de la construction d’une école dans le village d’Amesbury, à 5 km de Stonehenge. En creusant les fondations du bâtiment, les terrassiers ont fait une découverte archéologique majeure : une tombe néolithique vieille de 4500 ans, soit la plus ancienne d’Angleterre. Cette sépulture regorgeait de trésors archéologiques, parmi lesquels des bijoux en or, ainsi qu’une grande quantité de pointes de flèches en silex, qui ont valu à son occupant d’être surnommé « l’Archer d’Amesbury ».

Du fait de la richesse de sa sépulture, ce personnage était à n’en pas douter une figure extrêmement importante. Darvill et Wainwright espèrent que l’examen médico-légal de son squelette permettra de récolter des indices intéressants. Pour cela, ils comptent sur les compétences de Jacqueline McKinley, spécialiste des ossements anciens. Dès le début de son examen, celle-ci constate que le squelette présente un très grave traumatisme au genou gauche, résultant sans doute d’une chute de cheval. Le fémur montre des signes d’infection chronique, ce qui indique que l’Archer d’Amesbury devait beaucoup souffrir des séquelles de sa chute. Il était très certainement boiteux.

Pour les archéologues, ce handicap est sans doute la raison pour laquelle l’homme avait entrepris ce voyage jusqu’à Stonehenge : il avait entendu parler des vertus curatives du site et souhaitait s’y rendre en pèlerinage. L’analyse des dents du squelette livre un autre indice important. En comparant les résultats à ceux d’une base de données portant sur l’ensemble des populations d’Angleterre au néolithique, les scientifiques obtiennent une réponse pour le moins étonnante : l’Archer d’Amesbury n’était pas originaire de Grande Bretagne mais des Alpes, situées à plus de 1000 km ! Darvill et Wainwright exultent. Si l’Archer d’Amesbury a entrepris ce long et périlleux déplacement, cela ne peut vouloir dire qu’une seule chose : la réputation de Stonehenge comme lieu de guérison dépassait largement les frontières de la Grande Bretagne. Les archéologues auraient-ils découvert la « Lourdes du néolithique » ?

TalismansLes fouilles se poursuivent dans le monument. A mesure que chaque couche de pierre, de terre et de gravier est mise à jour, le passé de Stonehenge se révèle aux archéologues. En analysant les échantillons de sol provenant du quadrillage du site, ceux-ci sont surpris d’y découvrir de nombreux fragments de pierre bleue. Ils en déduisent que, si Stonehenge était bien le lieu de soins qu’ils imaginent, les pèlerins qui s’y rendaient en quête de guérison devaient certainement détacher des petits fragments des pierres bleues dressées au centre du monument. Ces fragments étaient ensuite utilisés comme talismans, ou concassés pour fabriquer des décoctions et des potions de soins. Cette découverte conforte Darvill et Wainwright dans leur théorie selon laquelle Stonehenge était un important lieu de pèlerinage pour les malades venant de l’Europe entière, comme l’Archer d’Amesbury.L’inconnu du fossé

Une autre trouvaille captive les archéologues. Il s’agit d’un squelette découvert dans le fossé qui entoure Stonehenge lors de fouilles effectuées en 1976. La proximité de cette tombe avec le monument déconcerte Darvill et Wainwright, qui s’empressent de faire effectuer une analyse médico-légale sur les ossements. Celle-ci aboutit à une conclusion surprenante : le squelette du fossé est celui d’un jeune homme mort après avoir été criblé de flèches. Pourquoi ce meurtre ou cette exécution ?

Appelée en renfort, l’archéologue Alison Sheridan, spécialiste des tombes néolithiques, pense avoir la réponse. Pour elle, la position atypique du squelette, enterré sur le dos alors que les cadavres du néolithique étaient généralement placés sur le côté et en position fœtale, de même que l’absence d’objets funéraires, démontrent que le jeune homme a été inhumé à la va-vite, sort que l’on réservait aux renégats ou aux voleurs. Alison Sheridan est donc persuadée que l’inconnu du fossé était un rôdeur qui tentait de s’introduire sur le site sacré de Stonehenge et qui aurait été exécuté par les gardes chargés de sa surveillance. Trois morceaux de pierre bleue retrouvés dans la tombe renforcent cette hypothèse du vol qui aurait mal tourné. Cela signifie également que l’accès au site de Stonehenge était strictement réglementé, comme celui d’un sanctuaire important.

Grain de blé

Alors que les fouilles touchent à leur fin, le vendredi 11 avril 2008, les archéologues exhument un grain de céréale dans l’une des cavités qu’ils explorent. Cette découverte peut sembler anodine, mais elle va jeter un éclairage radicalement neuf sur l’histoire de Stonehenge.

Pour commencer, ce fragment de céréale est la marque indéniable qu’une communauté agraire s’était installée aux abords de Stonehenge. Le monument aurait donc été construit à l’époque où les hommes du néolithique ont commencé à se sédentariser grâce au développement de l’agriculture. Ce constat amène les archéologues à reconsidérer certaines explications communément admises jusqu’ici. La plus importante concerne la vocation de calendrier cosmique du site. Jusqu’à présent, celle-ci était validée par le fait que le soleil se lève dans l’axe principal du monument lors du solstice d’été. Or, d’après Darvill et Wainwright, ce serait en réalité le solstice d’hiver, commencement symbolique de la nouvelle année agricole, qui aurait été au centre des préoccupations des bâtisseurs de Stonehenge. Une pierre levée, vestige du premier cercle de trilithes construits au centre du monument, serait ainsi parfaitement alignée avec le soleil à cette époque de l’année.

Communauté agraireDerrière cette caractéristique calendaire, c’est en fait tout un modèle interprétatif de Stonehenge qui voit le jour dans l’esprit des archéologues. Darvill et Wainwright sont maintenant persuadés qu’une importante communauté agraire se serait développée autour du site de pèlerinage de Stonehenge afin de répondre aux besoins des pèlerins venus y chercher la guérison. Les deux hommes vont même plus loin en imaginant que de nombreux guérisseurs, magiciens et chamanes se seraient mêlés à cette population, constituant le « personnel soignant » du site. On pourrait dès lors parler sans exagération de véritable « Lourdes du néolithique » pour désigner ce lieu qui devait être l’un des plus importants centres de pèlerinages de cette époque. Datation corrigéeAprès 12 jours de trouvailles ininterrompues, les fouilles touchent à leur fin. Les éléments organiques exhumés par les archéologues peuvent maintenant être envoyés en laboratoire pour y être datés grâce à la méthode de comptage du carbone 14 résiduel. Stonehenge va enfin révéler des informations cruciales sur son âge exact !
Les résultats de ces analyses sont pour le moins surprenants. On pensait en effet jusque là que les pierres bleues constituant le cœur du monument étaient arrivées à Stonehenge vers 2600 avant J.-C. Or, la nouvelle datation montre qu’elles ont en réalité été acheminées sur le site en 2300 ans avant J.-C., soit un décalage de 300 ans avec la chronologie en vigueur jusqu’ici. Cette découverte va permettre de réviser cette chronologie :-2300 avant J.-C. : construction du cercle de pierres bleues au centre du site.
-2100 avant J.-C. : pour une raison inconnue, celles-ci sont retirées. A la place sont élevés les trilithes monumentaux qui forment le cercle intérieur de Stonehenge. Les pierres bleues sont réinstallées en leur centre, signe de leur importance symbolique. Un second anneau extérieur de pierres bleues est ajouté pour ceinturer l’ensemble.
-1900 avant J.-C. : pour finir, un vaste cercle de pierres monumentales couronnées par un anneau de pierre formés de linteaux juxtaposés vient ceinturer le monument. Cette époque constitue l’âge d’or de Stonehenge.

Durant les 4000 années qui vont suivre, sous les effets conjugués du manque d’entretien, des pillages et du passage du temps, Stonehenge va se détériorer lentement pour se figer sous l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui.

La datation par la méthode de comptage du carbone 14 résiduel a mis en évidence un autre élément important : grâce à un minuscule fragment de matériau organique retrouvé dans les strates les plus profondes des fouilles, les archéologues ont pu démontrer que la première occupation humaine du site de Stonehenge remontait à 7000 ans avant J.-C., soit au mésolithique (âge de pierre). Jusqu’à présent, la plus ancienne activité humaine recensée à Stonehenge datait de 3600 ans avant J.-C. Cette découverte fait donc reculer de 3400 ans les débuts de l’histoire de Stonehenge, un bond dans le passé considérable dont les implications sont encore difficiles à mesurer.

Nouveaux chapitres

Grâce à ces nouvelles fouilles, les archéologues ont écrit plusieurs nouveaux chapitres importants de l’histoire de Stonehenge. D’une part, ils sont parvenus à dater précisément la construction du monument, ce qui s’était avéré impossible jusqu’ici. D’autre part, en redonnant toute leur importance aux pierres bleues, longtemps considérées comme les parents pauvres de Stonehenge, ils sont parvenus à dégager une nouvelle hypothèse de travail quant à la fonction du monument. Pour eux, il ne fait aucun doute que Stonehenge était la « Lourdes du néolithique », où des malades venus de l’Europe entière venaient en pèlerinage pour se faire soigner, créant du même coup un vaste mouvement de sédentarisation des populations autour du site et le développement d’une communauté agraire prospère.

Ces découvertes doivent bien entendu être prises avec toutes les précautions qui s’imposent, les archéologues ayant du combler les nombreux vides de l’histoire de Stonehenge en faisant fonctionner leur imagination. Il n’en demeure pas moins que Darvill et Wainwright livrent des explications convaincantes, étayées par des faits vérifiés, à l’appui de leur théorie. Mais est-ce pour autant la fin du mystère de Stonehenge ? Rien n’est moins certain, car aussi longtemps que se dresseront ses mégalithes millénaires, le vent de l’imagination continuera à souffler sur l’esprit de ceux qui les contemplent.

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Sources:

-textes:

              http://www.mystere-tv.com/

-images:

              http://paranormalonline.net

              http://flickr.com



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