Jeanne d’Arc

Jeanne d’Arc, surnommée la Pucelle d’Orléans, est une figure emblématique de l’histoire de France. Au début du XVe siècle, elle mène victorieusement les troupes françaises contre les armées anglaises, levant le siège d’Orléans, conduisant le dauphin Charles au sacre à Reims et contribuant ainsi à inverser le cours de la guerre de Cent Ans. Jeanne d’Arc est canonisée en 1920, et Pie XI la proclame sainte patronne secondaire de la France en 1922.

Finalement capturée par les Bourguignons à Compiègne, elle est vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg pour la somme de 10 000 livres, et condamnée au bûcher en 1431 après un procès en hérésie. Entaché de nombreuses et importantes irrégularités, ce procès est cassé par le pape Calixte III en 1456, et un second procès en réhabilitation conclut à son innocence et l’élève au rang de martyre. Elle est béatifiée en 1909 et canonisée en 1920. Elle est l’une des trois saintes patronnes de la France.

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L’enjeu de sa virginité

En s’appelant ouvertement la « Pucelle », Jeanne accréditait l’idée qu’elle était envoyée de Dieu et non une sorcière, sa virginité symbolise clairement la pureté de Jeanne, aussi bien physiquement que dans ses intentions religieuses et politiques. Dès lors vérifier sa virginité devient un enjeu important, étant donné l’importance politique des projets de Jeanne : restaurer la légitimité de Charles, et l’amener au sacre.

Par deux fois, la virginité de Jeanne fut constatée par des matrones, à Poitiers en mars 1429, mais aussi à Rouen, le 13 janvier 1431. Pierre Cauchon (celui-là même qui la fit brûler) avait ordonné ce deuxième examen pour trouver un chef d’accusation contre elle, en vain.

Problèmes des sources historiques

Les deux sources principales sur l’histoire de Jeanne d’Arc sont le procès en condamnation de 1431, et le procès en réhabilitation de 1455-1456. Étant des actes juridiques, elles ont l’immense avantage d’être des retranscriptions les plus fidèles des dépositions. Mais elles ne sont pas les seules : des notices, des chroniques ont également été rédigées de son vivant, telle que la Geste des nobles François, la Chronique de la Pucelle, la Chronique de Perceval de Cagny, ou encore le Journal du siège d’Orléans et du voyage de Reims. Il faut ajouter également les rapports des diplomates et autres informateurs.

C’est Jules Quicherat qui rassemblera de manière quasi-exhaustive l’historiographie johannique entre 1841 et 1849, en 5 volumes. Entre le XVe siècle et le XIXe siècle, une foule d’écrivains, de politiciens, de religieux se sont appropriés Jeanne d’Arc, et leurs écrits sont nombreux. Il faut donc être prudent dans la manipulation des sources : peu lui sont contemporaines, et elles réinterprètent souvent les sources originelles dans le contexte de leur interprète.

Les procès sont des actes juridiques. Les deux procès ont la particularité d’avoir subi une influence politique évidente, et la méthode inquisitoire suppose bien souvent que l’accusée et les témoins ne répondent qu’aux questions posées. De plus le procès de 1431 fut retranscrit en latin (vraisemblablement à l’insu de Jeanne), alors que les interrogatoires étaient en français.

Philippe Contamine, au cours de ses recherches, a constaté une abondance d’écrits dès 1429, et le « formidable retentissement au niveau international » dont cette abondance témoigne. Il remarque également que Jeanne d’Arc fut d’emblée mise en controverse et fit débat par ses contemporains. Enfin, dès le début « des légendes coururent à son sujet, concernant son enfance, ses prophéties, sa mission, les miracles ou les prodiges dont elle était l’auteur. Au commencement était le mythe. »

Il apparaît donc qu’aucun document contemporain de l’époque – hormis les minutes des procès – n’est à l’abri de déformation issue de l’imaginaire collectif. Au cours du procès de réhabilitation, les témoins racontent d’après des souvenirs vieux de 26 ans.

L’anoblissement accordé à Jeanne d’Arc par le roi Charles VII pose un autre problème. Il ne reste en effet aucune charte originale pour l’attester, mais uniquement des documents attestant de cet anoblissement rédigés postérieurement. Ces documents dont nous ne savons s’ils sont faux ou déforment une partie de la vérité historique font apparaître que Jeanne d’Arc avait été anoblie par Charles VII et avec elle ses parents, comme il était d’usage pour assoir la filiation nobiliaire sans contestation, et par conséquent la filiation présente et à venir de ses frères et sœur. En 1614, la descendance fort nombreuse de la famille d’Arc montra qu’elle s’établissait uniquement vers la roture, et le roi leur retira leur titre de noblesse. Par ailleurs, le trésor y gagna en nombreuses pensions, car chaque membre de la lignée pouvait prétendre à indemnisation de la part du trésor pour le sacrifice de Jeanne d’Arc.

Une des copies de la charte d’anoblissement qui nous est parvenue dit que le roi Charles VII la fit Jeanne dame du Lys, sans lui concéder un pouce de terre, ni à elle ni à ses frères et sœur, ce qui était contraire à l’usage de l’anoblissement, car le titre visait à assoir la propriété de façon héréditaire. En d’autres termes, la faisant dame du Lys, le roi Charles VII la liait au royaume et à la nation mais puisqu’elle s’était vouée à la chasteté et à la pauvreté il ne lui allouait aucun bénéfice terrestre, ce qui privait du même coup sa parentèle de la possibilité d’user convenablement de cet anoblissement puisqu’elle demeurait sans possibilité de s’élever dans la société nobiliaire. Les d’Arc restèrent des roturiers par la force des choses.

Thèses divergentes

Plusieurs femmes se présentèrent comme étant Jeanne d’Arc affirmant avoir échappé aux flammes. Pour la plupart, leur imposture fut rapidement décelée, mais deux d’entre elles parvinrent à convaincre leurs contemporains qu’elles étaient réellement Jeanne d’Arc : il s’agit de Jeanne des Armoises et de Jeanne de Sermaises, qui étaient peut-être une seule et même personne.

D’après une source tardive (trouvée en 1686 à Metz), Jeanne des Armoises apparut pour la première fois le 20 mai 1436 à Metz où elle rencontre les deux frères de Jeanne d’Arc, qui la reconnaissent pour leur sœur. Il est impossible de déterminer s’ils ont vraiment cru qu’elle était leur sœur ou non. Quoi qu’il en soit, Jeanne des Armoises reste le cas le plus sérieux.

En 1456, après la réhabilitation de la Pucelle, Jeanne de Sermaises apparut en Anjou. Elle fut accusée de s’être fait appeler la Pucelle d’Orléans, d’avoir porté des vêtements d’homme. Elle fut emprisonnée jusqu’en février 1458, et libérée à la condition qu’elle s’habillerait « honnêtement ». Elle disparaît des sources après cette date.

Un journaliste à l’Est républicain, Marcel Gay, et Roger Senzig, qui s’intéresse à Jeanne d’Arc, nient la thèse de l’imposture. En effet, dans L’affaire Jeanne d’Arc, les auteurs reprennent une thèse inventée par le sous-préfet Pierre Caze en 1802 en prétendant que Jeanne serait la fille illégitime d’Isabeau de Bavière et Louis d’Orléans, et donc sœur de Charles VII. Elle aurait été confiée, à sa naissance, à la famille d’Arc, discrètement chargée de l’élever. Elle n’aurait jamais été bergère (comme elle le précise deux fois très clairement lors de son procès) et les seules voix qu’elle aurait entendues seraient celles des envoyés de la couronne, lui demandant de coopérer à une mission de sauvetage de Charles VII.

Selon eux, cette origine noble expliquerait pourquoi elle parlait un très bon français et non la langue locale de Domrémy où, selon les auteurs, très peu de gens s’exprimaient en français. Son statut de noble lui aurait également permis d’apprendre à chevaucher de fougueux destriers, à manier l’épée, à faire la guerre et à être reçue sans difficultés par Robert de Baudricourt. Toutes choses impensables pour une simple bergère.

Cette même thèse adopte les nombreuses histoires de survivance de Jeanne d’Arc : Jeanne ne serait pas morte en 1431. Elle aurait été remplacée sur le bûcher par une autre femme, dont Marcel Gay et Roger Senzig ne précisent pas le nom, et Jeanne aurait épousé Robert des Armoises. Elle aurait fini ses jours au château de Jaulny en Lorraine, puis aurait été enterrée à Pulligny, dont une plaque trouvée dans l’église commémora le décès de Jeanne des Armoises.

Si aucune preuve n’est apportée de la naissance de Jeanne à Domrémy, il est attesté qu’elle a bien vécu en Lorraine. Par ailleurs, à une époque où les prêtres dispensaient l’instruction, et Domrémy étant une paroisse qui relevait du domaine royal, avoir reçu un enseignement en français n’est pas une gageure.
Le fait qu’elle ait été noble n’explique en rien qu’elle ait pu apprendre à monter des chevaux de guerre, les femmes nobles montant des haquenées et non des destriers, ni à manier l’épée, ce qui faisait partie de l’éducation masculine seulement. Par ailleurs, Jeanne d’Arc a déclaré lors de son procès ne jamais s’être servie de son épée. Robert de Baudricourt ne l’a pas reçue sans difficulté mais n’a fait que céder aux pressions de son entourage.

Le reste de la thèse (enfant illégitime, confiée à un couple de paysans, sœur d’un roi qui peine à retrouver son trône, etc.) n’est pas sans ressembler aux mythes de la naissance de Zeus, Romulus et Rémus, Œdipe… où le personnage principal est fils de roi ou de reine et caché à la naissance par une nourrice fidèle qui le confie à d’humbles paysans.

Les thèses d’imposture de Jeanne d’Arc reprises par des auteurs ressemblent à celles courant sur Louis XVII, la grande-duchesse Anastasia, le tsar Alexandre Ier, ou encore le fils d’Ivan le Terrible. Ce caractère romanesque, les approximations, les raccourcis et les simplifications expliquent que L’Affaire Jeanne d’Arc ne soit pas un travail reconnu par la communauté scientifique. Aucun historien ne l’a repris.

Sources:

-textes et images:

                http://haute-tension-omega-project.blogspot.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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